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Conclusion

Avec le cours sur le formalisme des frontières planétaires, celui, plus détaillé, sur l’une d’elle, le réchauffement climatique, celui sur l’agriculture, les pollutions, l’eau, la biodiversité, on a vu que la planète qui nous abrite était à bout de souffle. Les constats scientifiques sur son état sont effrayants. La conclusion rationnelle qui s’impose face à cela (figure 1) est logiquement de diminuer la consommation de ressources ce qui, mécaniquement, induira moins de pollutions. La question sociale des inégalités est une composante majeure de l’équation.

La raréfaction de diverses ressources (seulement effleurée dans ce cours) avec l’accumulation des pollutions montrent que l’humanité est à un tournant de son existence. Inéluctablement, la consommation de ressources va diminuer. Soit l’humanité l’anticipe progressivement et préserve les ultimes réserves, soit elle poursuit sa trajectoire et heurtera un mur avec des conséquences dramatiques[1]. Il n’est pas impossible que cette phase soit en cours.

Illustration de la chaine causale de responsabilités à partir du constat sur l’outrepassement des frontières planétaires.

Figure 1:Illustration de la chaine causale de responsabilités à partir du constat sur l’outrepassement des frontières planétaires.

L’anticiper, c’est pénétrer dans un régime décroissant tel que dépeint dans le dernier cours. Ces trajectoires et objectifs peuvent semblent inatteignables et utopiques. Ce sont des objectifs politiques — la politique étant l’organisation de la société — vers lesquels, actuellement, l’humanité ne semble pas souhaiter aller. Les principaux dirigeant·es de la planète, parfois mis en place par un système démocratique, n’ont aucun intérêt à changer le monde : c’est celui qui les a porter au pinacle du pouvoir, et parfois le même monde qui leur a permis de s’enrichir.

Entrer dans une société qui prend soin des êtres humains et du vivant est une décision collective. À l’échelle d’un pays, cela peut-être relativement compliqué, certains intérêts divergents peuvent prendre le pas sur cette considération. Aujourd’hui l’espoir réside peut-être dans les structures démocratiques plus locales comme les municipalités dont les représentant·es, les maires, sont élus pour une durée de six ans. Le poids d’un seul vote peut être déterminant et les résultats de décisions municipales peuvent avoir rapidement des conséquences visibles sur le bienêtre des citoyen·nes. Outre les municipalités, de nombreuses organisations, collectifs ou écolieux sont de bonnes portes d’entrée pour penser une autre façon de faire société.

La préservation du vivant contre les forces destructrices du capitalisme est aussi ponctuée de victoire locales. On peut citer l’abandon (en 2018) du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes près de Nantes, l’abandon de la construction d’une centrale nucléaire à Plogoff dans le Finistère en Bretagne au début des années 1980, l’abandon d’un projet de station de ski à Cervières dans les Hautes-Alpes au début des années 1970. On peut également citer l’abandon en 2021 du projet de « ferme des Mille Vaches » dans la Somme ; un projet de parc d’attraction autour du surf stoppé à Saint-Jean-de-Luz en 2020... Ces lieux ont pu être préservés grâce à des collectifs locaux qui ont œuvré pour que ça ne se fasse pas. Il y en a plein d’autres passés ou récents (Renaud & Ronsin (2024))...

Footnotes
  1. Il est évidemment impossible de prédir ce qui va advenir et quand. Mais pour s’en faire une idée, on peut se référer aux diverses œuvres de fiction (romans, films, etc.) qui explorent la thématique de l’effondrement sous différents angles.

References
  1. Renaud, G., & Ronsin, G. (2024). Quand La Lutte l’emporte, Une Décennies de Victoires Des Luttes Locales Contre Des Projets Imposés et Polluants [Techreport]. Terres de Luttes. https://terresdeluttes.fr/wp-content/uploads/2024/12/Victoires-V1.docx.pdf